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Fiche moléculeRelu le 04/09/2026Publié le 11/08/2026

CJC-1295

CJC-1295 avec DAC, sans DAC, ou en mélange : trois produits différents, et la littérature clinique publiée ne porte que sur le premier.

CJC-1295 DACMod GRF (1-29)

Identité

Identité chimique de la molécule. Les champs non renseignés en base ne sont pas affichés.
ChampValeur
Formule bruteC165H269N47O46
Masse molaire3 647,2 g/mol
PubChemCID 91971820

L’essentiel en 60 secondes

  • Trois produits portent ce nom au catalogue, et ce ne sont pas trois formats du même flacon. Deux sont des molécules chimiquement différentes ; le troisième est un mélange.
  • Ce qui les sépare tient à un bras moléculaire, le DAC. Avec lui, la molécule reste des jours dans le sang. Sans lui, elle disparaît en quelques minutes.
  • La littérature clinique publiée porte sur UNE des trois — la version avec DAC. C’est le fait le plus utile de cette page, et celui qu’aucune étiquette ne dit.
  • Trente-trois publications indexées à PubMed au 12/08/2026 pour l’ensemble du nom.
  • Aucune n’est un essai de phase III, et rien n’est autorisé en France sous ce nom. Substance destinée à la recherche en laboratoire.

Pourquoi trois fiches, et non trois dosages

Un visiteur qui cherche « CJC-1295 » tombe sur trois pages de notre catalogue. Ce n’est pas une duplication : c’est que le nom commercial recouvre trois choses distinctes.

ce que porte le flaconce que c’est
CJC-1295 avec DACl’analogue portant le bras d’affinité
CJC-1295 sans DACl’analogue sans ce bras, que le commerce appelle aussi Mod GRF (1-29)
CJC-1295 sans DAC + Ipamorelinles deux poudres pesées dans le même flacon

Les deux premiers ne diffèrent pas par la quantité mais par la structure. Le troisième contient deux substances, dont l’une est le deuxième.

Qu’est-ce que le CJC-1295 ?

Avec DAC ou sans DAC : la différence tient à un seul appendice. Le DAC est un bras greffé sur la molécule, qui l’accroche à l’albumine du sang. Avec lui, l’hormone de croissance reste élevée pendant six jours ou plus, et l’IGF-I pendant neuf à onze jours (PMID 16352683). Sans lui, la molécule est éliminée en quelques minutes. Ce n’est donc pas un dosage plus faible : c’est un profil dans le temps qui n’a rien de commun. Et les chiffres ci-dessus ont été obtenus avec le DAC — ils ne valent ni pour la version sans DAC, ni pour le mélange.

À l’origine, il y a une hormone hypothalamique : la GHRH, celle qui commande à l’hypophyse de libérer l’hormone de croissance. Son usage thérapeutique bute sur un obstacle mécanique — sa durée d’action est très courte, ce que la littérature pose comme la limite à contourner.

Le CJC-1295 est un analogue construit pour lever cet obstacle. Il reprend les vingt-neuf premiers résidus de la GHRH, avec quatre substitutions qui la rendent moins facile à découper par les enzymes du plasma.

Puis vient le DAC — Drug Affinity Complex. C’est un appendice greffé sur une lysine : un maléimide, qui se lie au thiol libre de l’albumine circulante. La molécule voyage alors accrochée à une protéine du sang, ce qui la met hors de portée de l’élimination rapide.

C’est tout. La différence entre « avec DAC » et « sans DAC » tient à cet appendice, et à rien d’autre.

Ce que le bras change, mesuré chez l’humain

L’étude de référence est publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism en 2006 (PMID 16352683). Deux essais randomisés, contrôlés par placebo, en double aveugle, sur vingt-huit et quarante-neuf jours, chez des adultes sains de vingt-et-un à soixante-et-un ans.

Après une injection unique, les auteurs rapportent :

  • une hausse dose-dépendante de la concentration plasmatique moyenne d’hormone de croissance, d’un facteur 2 à 10, pendant six jours ou plus ;
  • une hausse de l’IGF-I d’un facteur 1,5 à 3, pendant neuf à onze jours.

Six jours, onze jours. Voilà ce que le bras d’affinité produit, et c’est la raison d’être de la version DAC.

La version sans DAC n’a pas cette propriété : privée de son ancrage à l’albumine, elle est éliminée en quelques minutes. Ce n’est pas une version moins dosée de la première — c’est une molécule dont le profil dans le temps n’a rien de commun.

Le point que les étiquettes ne disent pas

Les chiffres ci-dessus ont été obtenus avec le DAC. Ils ne se transposent pas à la version qui n’en a pas, et ils ne se transposent pas au mélange.

Un second travail, publié dans Growth Hormone & IGF Research en 2009 (PMID 19386527), va dans le même sens : il analyse le profil protéique sérique de onze hommes jeunes sains, une semaine après une injection de CJC-1295, par électrophorèse bidimensionnelle puis spectrométrie de masse. Là encore, la molécule étudiée est celle qui porte le bras.

Quand une page marchande cite « des études » sous une étiquette « CJC-1295 » sans préciser laquelle des deux molécules a été étudiée, elle attribue à l’une les résultats de l’autre. C’est l’erreur la plus fréquente sur ce nom, et c’est pourquoi cette page existe.

Et le mélange avec l’Ipamorelin ?

Le troisième flacon contient deux substances pesées ensemble avant scellement : le CJC-1295 sans DAC et l’Ipamorelin, un pentapeptide qui agit par une autre voie que la GHRH.

Deux conséquences pratiques.

Le rapport est figé. La pesée précède le scellement, donc les proportions ne se règlent pas après coup.

Le nombre inscrit sur le flacon est une masse totale. Il ne dit pas la part de chacune des deux poudres, et aucune pesée du flacon ne la retrouve. Ce qui les sépare est leur comportement en séparation chromatographique : vingt-neuf résidus d’un côté, cinq de l’autre, deux chaînes trop inégales pour sortir au même moment en phase inverse.

Aucune étude citée sur cette page ne porte sur ce mélange. Les deux publications ci-dessus étudient le CJC-1295 avec DAC, seul.

Ce que les études ne montrent pas

  • Aucun essai de phase III. Les travaux publiés sont des essais de phase précoce chez le sujet sain, sur des critères biologiques — concentrations de GH et d’IGF-I, profil protéique. Pas sur des résultats cliniques.
  • Aucune donnée pour la version sans DAC, dans les sources citées ici. La littérature disponible sous ce nom porte sur la molécule avec bras d’affinité.
  • Aucune donnée pour le mélange.
  • Aucune autorisation. Ni en France, ni dans l’Union européenne, sous aucune de ces trois formes.
  • Rien sur l’administration. Cette page ne porte aucune posologie. Les doses des essais sont des faits publiés ; les recopier avec une fréquence serait rédiger une posologie, et ces produits sont destinés à la recherche en laboratoire.
  • Aucune conclusion sur la sécurité au long cours. Les essais cités durent vingt-huit et quarante-neuf jours.

Ce qu’une analyse peut dire de ces trois flacons

C’est ici que la distinction devient vérifiable au lieu de rester déclarative.

La masse sépare les deux molécules. L’analogue avec DAC porte son bras maléimide ; celui qui n’en a pas ne le porte pas. Une spectrométrie de masse voit cette différence — c’est la masse, jamais l’étiquette, qui tranche entre les deux fiches.

La chromatographie sépare les composants du mélange. Deux chaînes de vingt-neuf et cinq résidus n’ont pas la même interaction avec la phase stationnaire, donc ne sortent pas au même temps de rétention. Une masse seule, sur un mélange, additionnerait ce qu’il faut distinguer.

Le maléimide est fragile. C’est une propriété chimique de ce groupe : il s’hydrolyse dans l’eau et perd alors sa réactivité, donc sa capacité à s’accrocher à l’albumine. Une molécule dont le bras a été hydrolysé pèse presque la même chose et n’a plus la même propriété — l’intégrité de la version DAC tient à l’absence d’humidité, pas à un chiffre de pureté.

Notre guide sur la lecture d’un rapport d’analyse détaille ce que chaque méthode établit.

Statut en France

Aucune des trois formes n’est un médicament autorisé en France, et aucune ne bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché, nationale ou européenne, pour quelque indication que ce soit.

Aucune n’est un complément alimentaire.

Ce qu’elles sont sur ce site : des réactifs destinés à la recherche en laboratoire, à l’exclusion de toute consommation humaine ou vétérinaire, réservés aux personnes majeures.

Où vérifier ce que dit cette page

L’identité chimique du CJC-1295 avec DAC se vérifie à PubChem sous l’identifiant 91971820 — formule C₁₆₅H₂₆₉N₄₇O₄₆, masse molaire 3 647,2 g/mol. La version sans DAC n’a pas d’entrée que nous ayons pu confirmer sous ce nom ; nous ne publions donc pas de masse pour elle plutôt que d’en approcher une.

Le compte de trente-trois publications correspond à la requête "CJC-1295"[Title/Abstract] OR "CJC1295"[Title/Abstract], relevée le 12 août 2026. L’appareil de sources en bas de page renvoie directement à PubMed.

Voir aussi

Les trois fiches du catalogue portent les formats réellement proposés et leur disponibilité : la version avec DAC, la version sans DAC, et le mélange avec l’Ipamorelin. Le guide de l’Ipamorelin documente le second composant du mélange. Le dossier « pureté contre quantité » traite la confusion entre les deux nombres qu’un flacon porte, et celui sur la lecture d’un rapport d’analyse explique ce qu’une chromatographie et une spectrométrie de masse établissent chacune.

Sources

Compteur de littérature

33 publications — requête « "CJC-1295"[Title/Abstract] OR "CJC1295"[Title/Abstract] », relevé le 12/08/2026. Un volume de publications n’est pas une preuve d’efficacité.

  1. Prolonged stimulation of growth hormone (GH) and insulin-like growth factor I secretion by CJC-1295, a long-acting analog of GH-releasing hormone, in healthy adults. — J Clin Endocrinol Metab (2006)PMID 16352683
  2. Activation of the GH/IGF-1 axis by CJC-1295, a long-acting GHRH analog, results in serum protein profile changes in normal adult subjects. — Growth Horm IGF Res (2009)PMID 19386527

Références au catalogue

Cette molécule entre aussi dans une combinaison :

Rédaction Peptides Français — méthode documentaire
Usage des produits

Produits destinés à la recherche en laboratoire uniquement. Usage non humain, non vétérinaire. Ni médicaments, ni compléments alimentaires, ni dispositifs médicaux : aucune page de ce site ne fournit de posologie, d’indication ou de conseil d’utilisation.

Cette fiche documente l’identité d’une molécule et l’état de la littérature — elle ne constitue ni une indication, ni une posologie, ni un conseil d’utilisation.