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Fiche moléculeRelu le 12/08/2026Publié le 12/08/2026

Epithalon

Epithalon, Epitalon, AEDG : trois noms du même tétrapeptide, et la raison pour laquelle chercher une seule graphie manque une partie de la littérature.

Cette page documente la molécule. Les dosages, le prix et la disponibilité sont sur sa fiche : Acheter Epithalon (Epitalon) en France.

EpitalonAEDGAla-Glu-Asp-Gly

Identité

Identité chimique de la molécule. Les champs non renseignés en base ne sont pas affichés.
ChampValeur
SéquenceAla-Glu-Asp-Gly
Formule bruteC14H22N4O9
Masse molaire390,35 g/mol
Acides aminés4
PubChemCID 219042

L’essentiel en 60 secondes

  • Un tétrapeptide, quatre acides aminés : Ala-Glu-Asp-Gly. C’est l’une des molécules les plus courtes du catalogue.
  • Trois noms circulent pour la même chose — Epithalon, Epitalon, AEDG — et ce n’est pas du désordre commercial : les trois apparaissent dans la littérature scientifique elle-même.
  • Il vient d’un extrait de glande pinéale, l’Epithalamine, dont il reprend la composition en acides aminés sous forme synthétique.
  • Les travaux publiés sont surtout animaux : rat, souris, drosophile, singe rhésus. C’est là que se trouvent les chiffres.
  • Aucune autorisation, nulle part. Substance destinée à la recherche en laboratoire.

Pourquoi trois noms pour un seul peptide

Epithalon et Epitalon désignent le même peptide. Le nom est russe et s’écrit en cyrillique ; son passage à l’alphabet latin admet les deux formes, et les revues ont publié l’une comme l’autre — PMID 12096440 écrit « Epithalon », PMID 16634527 écrit « epitalon ». AEDG est la troisième désignation, et elle ne nomme pas la molécule : elle écrit sa séquence, Ala-Glu-Asp-Gly, dans le code à une lettre des acides aminés. Conséquence directe : chercher une seule des trois formes manque une partie de la littérature.

C’est la première chose à régler, parce qu’elle décide de ce qu’on trouve en cherchant.

Epithalon et Epitalon sont deux translittérations du même mot russe. Le peptide a été conçu et étudié en Russie, à Saint-Pétersbourg, et son nom d’origine s’écrit en cyrillique. Le passage à l’alphabet latin admet les deux formes, avec ou sans le « h », et les revues ont publié les deux — souvent sans se coordonner.

Ce n’est pas une supposition. Les deux graphies coexistent dans PubMed, dans les titres eux-mêmes :

  • « A threefold increase in nocturnal melatonin peaks occurs in old rhesus monkeys treated with a synthetic peptide Ala-Glu-Asp-Gly (Epithalon) » — Advances in Gerontology, 2002 (PMID 12096440) ;
  • « Effect of the synthetic pineal peptide epitalon on spontaneous carcinogenesis in female C3H/He mice » — In Vivo, 2006 (PMID 16634527).

AEDG est la troisième désignation, et elle obéit à une autre logique : ce sont les initiales de la séquence dans le code à une lettre des acides aminés — Alanine, acide Glutamique (E), acide asPartique (D), Glycine. Les publications de méthode l’emploient volontiers, parce qu’elle décrit la molécule au lieu de la nommer.

Conséquence pratique, et c’est là que ça compte : une recherche sur une seule des trois formes manque une partie de la littérature. Interrogé le 12 août 2026, PubMed rend 126 résultats pour « epithalon », 132 pour « epitalon » et 25 pour « AEDG peptide » ; la requête qui réunit les trois en rend 116 après dédoublonnage. Les ensembles se recouvrent largement, mais aucun ne contient les autres.

D’où il vient : un extrait, puis sa version synthétique

L’histoire commence avant le peptide, avec une préparation appelée Epithalamine — un extrait peptidique de glande pinéale.

Une revue de Neuro Endocrinology Letters de 2002 (PMID 12374906) en décrit le programme : ces préparations sont obtenues par extraction de tissus, et celle de la glande pinéale favorise la croissance d’explants de glande pinéale et non d’autres tissus — chaque extrait stimulant le tissu dont il provient. Chez le rat, l’Epithalamine augmente la production de mélatonine.

Le tétrapeptide vient ensuite. Il a été construit d’après la composition en acides aminés de cet extrait, comme le dit explicitement la revue d’Advances in Gerontology de 2002 : un peptide synthétique Ala-Glu-Asp-Gly conçu sur la base du contenu en acides aminés de l’Epithalamine.

C’est une filiation utile à connaître : les propriétés attribuées au tétrapeptide et celles de l’extrait dont il dérive ne sont pas les mêmes travaux, et les confondre est facile.

Ce que les études animales observent

Les chiffres publiés portent sur l’animal. Ils sont rapportés ici tels qu’ils le sont dans les sources, avec l’espèce, parce que l’espèce fait partie du résultat.

Chez le singe rhésus âgé, un triplement du pic nocturne de mélatonine a été rapporté après administration du tétrapeptide (PMID 12096440). La même revue note que d’autres effets du peptide recoupent nettement ceux de la mélatonine elle-même.

Chez la souris C3H/He femelle, une étude de 2006 sur la cancérogenèse spontanée rapporte une diminution du nombre d’animaux porteurs de tumeurs malignes et l’absence de développement de métastases dans le groupe traité (PMID 16634527). Les tumeurs observées étaient majoritairement mammaires et ovariennes dans les deux groupes, témoin comme traité. Les auteurs signalent qu’une exposition prolongée à faible dose n’a pas montré d’effet toxique dans ce protocole.

Chez le rat, la souris et la drosophile, la revue de 2002 rapporte pour l’extrait Epithalamine une augmentation de la durée de vie, des effets anticarcinogènes dans différents modèles expérimentaux, une stimulation des défenses antioxydantes et une restauration de la fonction reproductive chez le rat âgé (PMID 12374906).

Chez le rat Campbell, porteur d’une dystrophie pigmentaire héréditaire, un report de la perte de vision est rapporté (PMID 12096440).

Ce que les études ne montrent pas

  • Aucun essai clinique de phase III, et aucune autorisation qui en découlerait.
  • Aucune transposition à l’humain de ce qui précède. Un triplement de mélatonine chez le singe rhésus âgé est un résultat chez le singe rhésus âgé.
  • Les résultats de l’extrait ne sont pas ceux du peptide. Une partie des effets les plus cités — durée de vie, défenses antioxydantes — provient des travaux sur l’Epithalamine, préparation extractive dont le tétrapeptide n’est qu’une transposition synthétique partielle.
  • Rien sur l’administration. Cette page ne porte aucune posologie. Les doses des protocoles animaux sont des faits publiés ; les recopier avec leur fréquence serait rédiger une posologie, et ces produits sont destinés à la recherche en laboratoire.
  • Aucun mécanisme établi. Les revues citées avancent des hypothèses unificatrices — un lien avec la mélatonine, une action sur la fonction pinéale — sans les démontrer.

Ce qu’une analyse peut dire d’un tétrapeptide

Quatre résidus, c’est court, et cette brièveté a des conséquences analytiques concrètes.

La masse molaire est faible — 390,35 g/mol pour la forme libre, contre plusieurs milliers pour les peptides longs du catalogue. Une impureté de masse voisine est donc proportionnellement plus proche du composé cible, et la résolution demandée à la méthode est plus exigeante.

Aucune cystéine, donc aucun pont disulfure. Le repliement n’est pas en question ici, contrairement aux peptides qui en portent : il n’y a pas de forme oxydée ni de dimère inter-chaînes à distinguer. C’est une difficulté de moins, et elle mérite d’être dite parce qu’elle ne vaut pas pour les autres fiches.

Trois des quatre résidus portent une fonction ionisable — le carboxyle de l’acide glutamique, celui de l’acide aspartique, l’amine terminale de l’alanine. Le comportement en séparation dépend donc fortement du pH de la phase mobile, ce qui rend la méthode employée plus déterminante que sur un peptide neutre. Notre guide sur la lecture d’un rapport d’analyse détaille ce que chaque méthode établit.

Statut en France

L’Epithalon n’est pas un médicament autorisé en France, et ne bénéficie d’aucune autorisation de mise sur le marché, nationale ou européenne, pour quelque indication que ce soit. Il n’est pas davantage un complément alimentaire.

Ce qu’il est sur ce site : un réactif destiné à la recherche en laboratoire, à l’exclusion de toute consommation humaine ou vétérinaire, réservé aux personnes majeures.

Où vérifier ce que dit cette page

L’identité chimique se vérifie à PubChem sous l’identifiant 219042 : formule C₁₄H₂₂N₄O₉, masse molaire 390,35 g/mol. La séquence Ala-Glu-Asp-Gly est celle que les publications citées écrivent en clair, y compris dans leurs titres.

Le compte de 116 publications correspond à la requête réunissant les trois désignations, relevée le 12 août 2026. L’appareil de sources en bas de page renvoie directement à PubMed.

Voir aussi

Notre fiche catalogue de l’Epithalon porte les formats réellement proposés et leur disponibilité. Le Pinealon, autre peptide court de la même série de travaux, figure au catalogue et se confond facilement avec celui-ci. Le dossier « pureté contre quantité » traite la confusion entre les deux nombres qu’un flacon porte, et celui sur la lecture d’un rapport d’analyse explique ce qu’une chromatographie et une spectrométrie de masse établissent chacune.

Sources

Compteur de littérature

116 publications — requête « epithalon[Title/Abstract] OR epitalon[Title/Abstract] OR "AEDG peptide"[Title/Abstract] », relevé le 12/08/2026. Un volume de publications n’est pas une preuve d’efficacité.

  1. Peptides and Ageing. — Neuro Endocrinol Lett (2002)PMID 12374906
  2. [Aging of the pineal gland]. — Adv Gerontol (2002)PMID 12096440
  3. Effect of the synthetic pineal peptide epitalon on spontaneous carcinogenesis in female C3H/He mice. — In Vivo (2006)PMID 16634527

Références au catalogue

Rédaction Peptides Français — méthode documentaire
Usage des produits

Produits destinés à la recherche en laboratoire uniquement. Usage non humain, non vétérinaire. Ni médicaments, ni compléments alimentaires, ni dispositifs médicaux : aucune page de ce site ne fournit de posologie, d’indication ou de conseil d’utilisation.

Cette fiche documente l’identité d’une molécule et l’état de la littérature — elle ne constitue ni une indication, ni une posologie, ni un conseil d’utilisation.