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DossierRelu le 04/09/2026Publié le 04/09/2026

Rétatrutide vs tirzépatide

Triple agoniste contre double : −24,2 % en phase 2, −20,9 % en phase 3, et zéro essai tête-à-tête publié. Ce qui se compare vraiment, PMID à l’appui.

Duel rétatrutide (LY3437943) · tirzépatide (LY3298176) · Sources 8 publications indexées PubMed · Relevé le 01/09/2026 · Aucune posologie sur cette page

« Retatrutide vs tirzepatide » est une requête que le web remplit de classements. Cette page fait autre chose : elle pose les deux dossiers côte à côte, essai par essai, et montre pourquoi le duel que tout le monde annonce n’a jamais eu lieu dans la littérature. Au 01/09/2026, 93 publications indexées PubMed citent les deux molécules dans leur titre ou leur résumé — et aucune n’est un essai clinique qui les compare face à face chez l’humain.

Les deux substances sont proposées sur ce site comme produits destinés à la recherche en laboratoire. Pour le panorama complet des peptides étudiés dans la perte de poids — sémaglutide, survodutide, cagrilintide compris — le dossier Peptides et perte de poids existe déjà ; celui-ci ne traite que le face-à-face.

L’essentiel en 60 secondes

  • Deux mécanismes. Le tirzépatide active deux récepteurs, GIP et GLP-1 (PMID 30473097). Le rétatrutide en active trois : GIP, GLP-1 et glucagon (PMID 35985340).
  • Deux niveaux de preuve. Le chiffre du tirzépatide, −20,9 % à 72 semaines, vient d’un essai de phase 3 sur 2 539 adultes (PMID 35658024). Celui du rétatrutide, −24,2 % à 48 semaines, vient d’un essai de phase 2 sur 338 adultes (PMID 37366315).
  • Aucun essai clinique tête-à-tête. La seule comparaison directe indexée administre les deux molécules à des souris déficientes en récepteur MC4R — un modèle génétique, pas un essai chez l’humain (PMID 41723268). Le chiffre le plus haut n’est donc pas une victoire — c’est un résultat d’essai différent. Un essai de phase 3 les compare directement depuis novembre 2024 (NCT06662383, TRIUMPH-5) ; aucun résultat n’est publié au 02/09/2026.
  • Deux statuts. Le tirzépatide est un médicament autorisé, délivré sur ordonnance. Le rétatrutide est une molécule expérimentale, sans autorisation de mise sur le marché nulle part.
  • Cette page ne publie aucune posologie, aucun palier de dose et aucun conseil d’utilisation.

Deux mécanismes, une généalogie commune

Les deux molécules sortent des mêmes laboratoires — Eli Lilly — et partagent une idée : partir de la charpente du GIP, l’hormone insulinotrope glucodépendante, plutôt que de celle du GLP-1.

Le tirzépatide, décrit en 2018 sous le code LY3298176, ajoute à cette charpente une activité sur le récepteur du GLP-1 (PMID 30473097). Une étude pharmacologique de 2020 précise le profil : l’engagement du récepteur GIP y est plus fort que celui du récepteur GLP-1 — les auteurs parlent d’un agoniste double « déséquilibré et biaisé » (PMID 32730231).

Le rétatrutide, publié en 2022 sous le code LY3437943, ajoute un troisième récepteur : celui du glucagon. Chez la souris obèse, l’action sur le récepteur du glucagon augmente la dépense énergétique, quand l’action GIP/GLP-1 réduit les apports — c’est l’argument mécanistique du triple agonisme (PMID 35985340). Ce résultat de dépense énergétique est animal ; l’essai humain de phase 2 mesure le poids, pas ce mécanisme.

L’identité chimique complète des deux molécules — séquence, CAS, masse molaire, identifiant PubChem — est documentée sur leurs fiches respectives : rétatrutide et tirzépatide.

Ce que chaque essai mesure, chez lui

CritèreRétatrutideTirzépatide
Essai pivot publiéPhase 2, NEJM 2023 (PMID 37366315)SURMOUNT-1, phase 3, NEJM 2022 (PMID 35658024)
Participants338 adultes2 539 adultes
Durée48 semaines72 semaines
PopulationIMC ≥ 30, ou ≥ 27 avec affection liée au poidsIMC ≥ 30, ou ≥ 27 avec complication ; poids moyen initial 104,8 kg
Poids, palier le plus fort−24,2 %−20,9 %
Poids sous placebo−2,1 %−3,1 %
Répondeurs, chacun à son seuil publié83 % perdent ≥ 15 % (palier le plus fort)57 % perdent ≥ 20 % (palier le plus fort)

Les deux essais sont randomisés, en double aveugle, contrôlés par placebo, en administration sous-cutanée hebdomadaire. Les paliers de dose figurent dans les articles ; cette page ne les reprend pas. Dernière ligne du tableau : les seuils de réponse diffèrent — ≥ 15 % d’un côté, ≥ 20 % de l’autre — parce que ce sont les chiffres que chaque essai publie. Un écart de méthode de plus, pas un critère d’avance.

Pour situer l’échelle : le sémaglutide, la référence du marché, atteint −14,9 % à 68 semaines contre −2,4 % sous placebo, sur 1 961 adultes (PMID 33567185).

Pourquoi −24,2 % ne bat pas −20,9 %

Quatre raisons, toutes lisibles dans le tableau ci-dessus.

Les durées diffèrent. 48 semaines d’un côté, 72 de l’autre. Une perte de poids sous ces molécules progresse tant que le traitement dure : comparer un point à 48 semaines à un point à 72 semaines ne compare pas deux molécules, mais deux moments.

Les populations diffèrent. Chaque essai recrute sa propre population, avec son propre poids de départ et ses propres critères d’inclusion. Rien ne garantit que les deux groupes se ressemblent assez pour que leurs pourcentages soient superposables.

Les placebos diffèrent. −2,1 % dans l’essai du rétatrutide, −3,1 % dans SURMOUNT-1. Quand le bras placebo d’un essai perd davantage, l’écart attribuable à la molécule se lit autrement. C’est le signe que les deux essais ne mesurent pas dans les mêmes conditions.

Les niveaux de preuve diffèrent. 338 participants en phase 2 contre 2 539 en phase 3 : un facteur sept d’effectif. Une phase 2 explore la relation dose-effet ; une phase 3 confirme sur une population large. Le dossier du tirzépatide est simplement plus avancé que celui du rétatrutide — c’est la différence la plus solide entre les deux, davantage que n’importe quel pourcentage.

Et la phase 3 du rétatrutide ? Une seule est publiée dans une revue à comité de lecture au 01/09/2026 : TRANSCEND-T2D-1, dans The Lancet — mais elle porte sur le diabète de type 2, pas sur l’obésité, et le poids n’y est qu’un critère secondaire : −11,5 % à −15,3 % selon le palier à 40 semaines, contre −2,6 % sous placebo (PMID 42250575). Des chiffres du programme de phase 3 en obésité circulent par communiqués de presse ; aucune publication à comité de lecture ne les porte à la date du relevé, et cette page n’en cite donc aucun.

Ce que les essais rapportent côté sécurité

Dans les deux dossiers, les effets indésirables les plus fréquents sont gastro-intestinaux, dose-dépendants, le plus souvent légers à modérés, et concentrés sur la phase d’augmentation progressive.

Chaque dossier a ensuite son relief propre. L’essai de phase 2 du rétatrutide rapporte une hausse dose-dépendante de la fréquence cardiaque, maximale à 24 semaines puis en déclin (PMID 37366315). Dans SURMOUNT-1, les arrêts de traitement pour effet indésirable vont de 4,3 % à 7,1 % selon le palier, contre 2,6 % sous placebo (PMID 35658024). Dans TRANSCEND-T2D-1, ils vont de 2 % à 5 % contre 0 %, sans hypoglycémie sévère rapportée ; deux décès sont survenus pendant l’étude, tous deux dans un groupe rétatrutide et jugés sans lien avec le produit étudié (PMID 42250575).

Ces profils viennent d’essais menés sous surveillance médicale, sur des populations sélectionnées. Ils ne décrivent pas ce qui se passe hors de ce cadre, et rien ici n’est un conseil.

Ce que les études ne montrent pas

  • Aucun essai clinique tête-à-tête. La seule façon rigoureuse de départager deux molécules est de les randomiser dans le même essai, chez l’humain. Cet essai n’existe pas dans la littérature indexée au 01/09/2026. La seule comparaison directe publiée administre les deux molécules à des souris privées du récepteur MC4R pendant vingt et un jours — un modèle génétique précis, dont rien ne se transpose aux populations des essais cliniques (PMID 41723268). Un essai de phase 3, randomisé en double aveugle, comparant directement les deux molécules chez l’adulte obèse est en cours depuis novembre 2024 (NCT06662383, TRIUMPH-5) ; sa fin primaire est estimée à novembre 2026 (registre consulté le 02/09/2026), et aucun résultat n’est publié à cette date.
  • Rien au-delà de la durée de chaque essai. 48, 68, 72 semaines : aucune donnée publiée ne documente la sécurité ou le maintien du poids des années après, ni ce qui suit l’arrêt.
  • Rien hors des populations recrutées. Les essais incluent des adultes avec IMC ≥ 30, ou ≥ 27 avec une affection associée. Aucune donnée ne porte sur des personnes hors de ces critères, ni sur un usage esthétique.
  • Rien sur les pharmacocinétiques comparées. Les demi-vies « comparées » qui circulent sur les sites marchands ne sont pas adossées à une source primaire identifiable ; cette page n’en publie pas.
  • Rien sur le matériau de recherche. Les essais cités portent sur des produits pharmaceutiques, fabriqués et administrés en cadre clinique. Aucun résultat ci-dessus n’est transposable à un lyophilisat de catalogue, d’ici ou d’ailleurs.

Statut en France

Le tirzépatide est un médicament autorisé. Son usage thérapeutique relève d’une prescription médicale et d’un suivi ; sa posologie figure dans son résumé des caractéristiques du produit, pas sur une page de catalogue.

Le rétatrutide est une molécule expérimentale. Il n’a d’autorisation de mise sur le marché ni en France, ni dans l’Union européenne, ni ailleurs. Ses essais sont en cours ou publiés, et rien de plus.

Les deux substances sont proposées ici comme produits destinés à la recherche en laboratoire. Elles ne sont ni des médicaments, ni des compléments alimentaires, ni des dispositifs médicaux. Aucune consommation humaine ou vétérinaire n’est prévue. Ce site ne publie aucune posologie, aucune indication et aucun conseil d’utilisation — sur une page qui compare deux molécules amaigrissantes, cette réserve compte davantage encore : c’est celle que l’on vient chercher avec une intention d’usage.

Sur ce site

Les deux molécules ont chacune leur fiche produit, avec identité chimique et traçabilité par lot : la disponibilité suit le stock, et lorsqu’un rapport d’analyse est associé à un lot, il est publié sur la page de ce lot, consultable depuis le registre des analyses.

Sources

Compteur de littérature

93 publications — requête « "retatrutide"[Title/Abstract] AND "tirzepatide"[Title/Abstract] », relevé le 01/09/2026. Un volume de publications n’est pas une preuve d’efficacité.

  1. LY3298176, a novel dual GIP and GLP-1 receptor agonist for the treatment of type 2 diabetes mellitus: from discovery to clinical proof of concept — Mol Metab (2018)PMID 30473097
  2. Tirzepatide is an imbalanced and biased dual GIP and GLP-1 receptor agonist — JCI Insight (2020)PMID 32730231
  3. LY3437943, a novel triple glucagon, GIP, and GLP-1 receptor agonist for glycemic control and weight loss: from discovery to clinical proof of concept — Cell Metab (2022)PMID 35985340
  4. Triple-hormone-receptor agonist retatrutide for obesity — a phase 2 trial — N Engl J Med (2023)PMID 37366315
  5. Tirzepatide once weekly for the treatment of obesity — N Engl J Med (2022)PMID 35658024
  6. Once-weekly semaglutide in adults with overweight or obesity — N Engl J Med (2021)PMID 33567185
  7. Efficacy and safety of retatrutide, a GIP, GLP-1 and glucagon receptor agonist, in people with type 2 diabetes and inadequate glycaemic control (TRANSCEND-T2D-1): a double-blind, randomised, phase 3 trial — Lancet (2026)PMID 42250575
  8. Efficacy of GLP-1 analog peptides, semaglutide, tirzepatide, and retatrutide on MC4R deficient obesity and their comparison — Int J Obes (Lond) (2026)PMID 41723268

Références au catalogue

Des rapports d’analyse sont publiés pour ces lots :

Rédaction Peptides Français — méthode documentaire
Usage des produits

Produits destinés à la recherche en laboratoire uniquement. Usage non humain, non vétérinaire. Ni médicaments, ni compléments alimentaires, ni dispositifs médicaux : aucune page de ce site ne fournit de posologie, d’indication ou de conseil d’utilisation.

Cette fiche documente l’identité d’une molécule et l’état de la littérature — elle ne constitue ni une indication, ni une posologie, ni un conseil d’utilisation.