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DossierRelu le 04/09/2026Publié le 09/08/2026

Peptides et perte de poids

Rétatrutide −24,2 %, tirzépatide −20,9 %, sémaglutide −14,9 % : quatre essais contre placebo, et pourquoi ces chiffres ne se comparent pas.

Portée sémaglutide, tirzépatide, rétatrutide, survodutide, cagrilintide, AOD9604, MOTS-c · Sources 11 publications indexées PubMed · Relevé le 09/08/2026 · Aucune posologie sur cette page

L’essentiel en 60 secondes

  • Le rétatrutide détient le chiffre le plus élevé : −24,2 % de poids corporel à 48 semaines, au palier le plus fort, contre −2,1 % sous placebo. C’est un essai de phase 2, sur 338 adultes (PMID 37366315).
  • Le tirzépatide atteint −20,9 % à 72 semaines contre −3,1 % sous placebo, dans un essai de phase 3 sur 2 539 adultes (PMID 35658024).
  • Le sémaglutide atteint −14,9 % à 68 semaines contre −2,4 % sous placebo, sur 1 961 adultes (PMID 33567185).
  • Le survodutide, l’essai de phase 3 le plus récent, obtient MOINS : −13,0 % à 76 semaines. Et son bras placebo perd −5,4 %, soit le double des autres essais (PMID 42253238).
  • Ces quatre chiffres ne se comparent pas directement. Quatre essais différents, quatre durées différentes — 68, 72, 48 et 76 semaines — et quatre réponses placebo différentes. Aucun essai ne compare ces molécules entre elles.
  • Trois molécules de ce catalogue n’ont aucun essai d’intervention. L’AOD9604 compte 22 publications et zéro essai typé. Le MOTS-c compte 246 publications et cinq essais typés, dont aucun n’administre le MOTS-c. Relevé le 09/08/2026.
  • Deux de ces molécules sont des médicaments autorisés. Le sémaglutide et le tirzépatide relèvent d’une ordonnance et d’un suivi médical. Cette page ne donne aucune posologie.

Quel peptide fait perdre le plus de poids dans les essais ?

Le rétatrutide, avec −24,2 % à 48 semaines. C’est le chiffre le plus élevé publié parmi les molécules de ce catalogue, et il vient d’un essai de phase 2, pas de phase 3.

L’essai, publié dans le New England Journal of Medicine en 2023 : 338 adultes, indice de masse corporelle de 30 ou plus, ou de 27 à moins de 30 avec au moins une affection liée au poids. Randomisation en sept bras, dont un placebo. Administration sous-cutanée hebdomadaire pendant 48 semaines. Les paliers de dose figurent dans l’article ; cette page ne les reprend pas (PMID 37366315).

Ce que les mesures donnent, en moyenne des moindres carrés :

  • À 24 semaines — le critère principal : −7,2 % au palier le plus bas, −12,9 % au palier intermédiaire, −17,3 % au palier suivant, −17,5 % au palier le plus fort, contre −1,6 % sous placebo.
  • À 48 semaines : −8,7 %, −17,1 %, −22,8 % et −24,2 %, contre −2,1 % sous placebo.
  • Proportion de participants perdant 15 % ou plus à 48 semaines : 60 % au palier intermédiaire, 75 % au palier suivant, 83 % au palier le plus fort.

Le rétatrutide agit sur trois récepteurs : le polypeptide insulinotrope glucodépendant, le GLP-1 et le glucagon. C’est ce qui le distingue des molécules à un ou deux récepteurs.

Ce que « phase 2 » veut dire ici. Un essai de phase 2 explore la relation dose-effet et la tolérance. Il ne mesure pas la sécurité à long terme sur des milliers de personnes. Les 338 participants du rétatrutide se comparent mal aux 2 539 du tirzépatide, qui est en phase 3.

Peut-on comparer ces quatre chiffres entre eux ?

Non, et c’est le point le plus important de cette page. Aucun essai ne compare ces molécules les unes aux autres. Chaque chiffre vient d’un essai contre placebo, avec sa propre durée et sa propre population.

Trois écarts rendent la comparaison directe fausse :

  • La durée diffère. 68 semaines pour le sémaglutide, 72 pour le tirzépatide, 48 pour le rétatrutide, 76 pour le survodutide. Une perte de poids continue de progresser tant que le traitement dure.
  • La réponse placebo diffère du simple au double. −2,4 %, −3,1 %, −2,1 % et −5,4 %. Le bras placebo du survodutide a perdu plus de poids que celui des trois autres essais. Un même écart au placebo ne représente donc pas le même effet absolu.
  • La population diffère. Le poids moyen à l’inclusion est de 104,8 kg dans l’essai du tirzépatide et de 108,8 kg dans celui du survodutide.

Une comparaison honnête se fait contre le placebo de son propre essai, pas entre chiffres bruts de deux essais distincts.

Pour le duo rétatrutide-tirzépatide en particulier, le dossier Rétatrutide vs tirzépatide détaille essai par essai pourquoi −24,2 % ne bat pas −20,9 %.

Le sémaglutide : que montre l’essai STEP 1 ?

−14,9 % de poids corporel à 68 semaines, contre −2,4 % sous placebo. L’écart estimé de traitement est de −12,4 points de pourcentage (IC 95 % −13,4 à −11,5 ; P < 0,001).

L’essai, publié en 2021 : 1 961 adultes sans diabète, indice de masse corporelle de 30 ou plus — ou de 27 ou plus avec au moins une affection liée au poids. Randomisation 2 pour 1 contre placebo, en double aveugle, avec intervention sur le mode de vie dans les deux bras (PMID 33567185).

Les proportions de répondeurs à 68 semaines :

  • 5 % de perte ou plus : 86,4 % sous sémaglutide contre 31,5 % sous placebo.
  • 10 % ou plus : 69,1 % contre 12,0 %.
  • 15 % ou plus : 50,5 % contre 4,9 %.

En valeur absolue : −15,3 kg contre −2,6 kg, soit un écart de −12,7 kg (IC 95 % −13,7 à −11,7). Les effets indésirables les plus fréquents sont les nausées et la diarrhée.

Le tirzépatide : que montre SURMOUNT-1 ?

Jusqu’à −20,9 % de poids corporel à 72 semaines, contre −3,1 % sous placebo. C’est un essai de phase 3, et une relation dose-effet nette y apparaît.

L’essai, publié en 2022 : 2 539 adultes sans diabète, randomisés en quatre bras — trois paliers de dose et un placebo — pendant 72 semaines, dont 20 semaines de montée de dose. Poids moyen à l’inclusion 104,8 kg, indice de masse corporelle moyen 38,0 (PMID 35658024).

Les trois paliers donnent −15,0 % (IC 95 % −15,9 à −14,2), −19,5 % (IC 95 % −20,4 à −18,5) et −20,9 % (IC 95 % −21,8 à −19,9), contre −3,1 % sous placebo (P < 0,001 pour toutes les comparaisons).

Le chiffre le plus frappant porte sur les fortes réponses : 50 % et 57 % des participants des deux paliers supérieurs perdent 20 % ou plus de leur poids, contre 3 % sous placebo.

Le tirzépatide agit sur deux récepteurs : le polypeptide insulinotrope glucodépendant et le GLP-1.

Le survodutide fait-il mieux ? Non, et son essai le montre

−13,0 % à 76 semaines au palier le plus élevé, contre −5,4 % sous placebo. C’est moins que le tirzépatide et moins que le rétatrutide, dans un essai de phase 3 publié en 2026 — donc le plus récent des quatre.

L’essai : 725 participants répartis en trois bras — deux paliers de dose et un placebo —, indice de masse corporelle de 30 ou plus, ou de 27 ou plus avec une complication liée à l’obésité, hors diabète. Âge moyen 47,1 ans, poids moyen 108,8 kg, indice de masse corporelle moyen 37,9 (PMID 42253238).

Résultats à 76 semaines : −12,2 % (IC 95 % −13,6 à −10,8) au palier inférieur, −13,0 % (IC 95 % −14,4 à −11,6) au palier supérieur, et −5,4 % (IC 95 % −6,9 à −4,0) sous placebo. Proportions perdant 5 % ou plus : 72,6 %, 71,9 % et 46,3 % (P < 0,001 pour toutes les comparaisons).

Deux observations méritent d’être écrites. Le palier supérieur n’apporte presque rien de plus que le palier inférieur — 0,8 point d’écart. Et le bras placebo a perdu 5,4 %, contre 2,1 à 3,1 % dans les trois autres essais : la comparaison brute avec le tirzépatide surestime donc l’écart réel.

Le survodutide agit sur deux récepteurs : celui du glucagon et celui du GLP-1. Les effets indésirables les plus fréquents sont gastro-intestinaux.

Et le cagrilintide ?

Un analogue de l’amyline, moins puissant seul, et sa combinaison reste à confirmer. Une revue systématique de 2026, conduite selon PRISMA 2020 et AMSTAR 2, met en commun quatre essais contrôlés randomisés et 5 023 participants (PMID 42180166).

Les résultats mis en commun :

  • Cagrilintide seul : différence moyenne de −6,08 % de poids corporel contre placebo (IC 95 % −8,02 à −4,14).
  • CagriSema, l’association cagrilintide plus sémaglutide : −5,98 % contre placebo (IC 95 % −10,64 à −1,32).

L’intervalle de confiance du CagriSema est très large — de −10,64 à −1,32. Une estimation dont la borne haute frôle −1,3 % ne permet pas d’affirmer une supériorité. Les auteurs rapportent aussi une baisse du tour de taille et de l’hémoglobine glyquée sous CagriSema, et des améliorations tensionnelles modestes sous cagrilintide seul.

Une seconde revue systématique de 2026 compare le cagrilintide et le CagriSema au sémaglutide comme médicaments anti-obésité (PMID 41834765).

Ce que chaque molécule a réellement montré, et sur qui

Chaque ligne est un fait autonome, avec sa population et sa durée. Les quatre premiers essais sont contre placebo, jamais l’un contre l’autre.

MoléculeRécepteursPopulation et duréePerte de poidsPlacebo du même essaiPMID
RétatrutideGIP, GLP-1, glucagon338 adultes, phase 2, 48 sem.−24,2 % au palier fort−2,1 %37366315
TirzépatideGIP, GLP-12 539 adultes, phase 3, 72 sem.−20,9 % au palier fort−3,1 %35658024
SémaglutideGLP-11 961 adultes, 68 sem.−14,9 %−2,4 %33567185
Survodutideglucagon, GLP-1725 adultes, phase 3, 76 sem.−13,0 % au palier fort−5,4 %42253238
Cagrilintideamyline4 essais, 5 023 participants−6,08 % contre placebo42180166
CagriSemaamyline + GLP-1mêmes essais mis en commun−5,98 % (IC −10,64 à −1,32)42180166
AOD9604fragment de hGHaucun essai22 publications, 0 essai typé17971763
MOTS-cpeptide mitochondrialaucun essai d’administration246 publications, 5 essais typés qui le MESURENT34413391

Quelles molécules du catalogue n’ont aucun essai ?

Trois, et une page honnête doit les nommer. Les compteurs sont relevés le 09/08/2026 et se refont en une requête.

L’AOD9604 : 22 publications, zéro essai clinique typé. Ce fragment de l’hormone de croissance humaine figurait dans les revues de molécules anti-obésité en développement il y a près de vingt ans (PMID 17971763). Aucun essai pivot n’a suivi dans la littérature indexée.

Le MOTS-c : 246 publications, cinq essais typés — et aucun n’administre le MOTS-c. Les cinq mesurent sa concentration circulante comme marqueur endogène : après un exercice aérobie ou de résistance (PMID 34413391), après un stress thermique répété (PMID 40674654), ou comme facteur prédictif dans une maladie (PMID 32052315). Mesurer un peptide que le corps produit n’est pas la même chose que l’administrer.

Le 5-amino-1MQ : zéro publication sous ce nom. Sous son nom chimique complet, « 5-amino-1-methylquinolinium », la requête rend trois résultats ; sous « inhibiteur de la nicotinamide N-méthyltransférase », quatre. Le nom commercial ne trouve rien, et c’est trompeur dans les deux sens. Une fiche dédiée à cette molécule attend une décision de l’éditeur du site : la littérature disponible ne permet pas d’écrire une page de la profondeur des autres.

Ce que les études ne montrent pas

Cette section est écrite pour être citée. Personne ne l’écrit, et son absence laisse croire que tout est réglé.

  • Aucun essai ne compare ces molécules entre elles. Les quatre essais pivots sont contre placebo. Les classer par leur chiffre brut ignore la durée, la population et la réponse placebo de chacun.
  • Aucun essai ne porte sur des personnes sans surpoids. Les critères d’inclusion exigent un indice de masse corporelle de 30 ou plus, ou de 27 ou plus avec une affection liée au poids. Transposer ces chiffres à une perte de poids esthétique n’est pas étayé.
  • Aucun essai ne documente le maintien après l’arrêt. Les quatre mesurent une perte pendant un traitement continu, de 48 à 76 semaines. Ce qui se passe ensuite ne figure pas dans ces publications.
  • Les effets indésirables gastro-intestinaux sont les plus fréquents dans les quatre essais. Nausées et diarrhée sont nommées dans l’essai du sémaglutide ; les effets gastro-intestinaux dominent aussi dans celui du survodutide.
  • La seule comparaison directe indexée porte sur une population génétique précise. Une étude comparative de 2026 évalue le sémaglutide, le tirzépatide et le rétatrutide dans l’obésité par déficit du récepteur MC4R (PMID 41723268). Ce n’est pas la population des essais pivots.
  • Trois molécules du catalogue n’ont aucun essai d’intervention : AOD9604, MOTS-c et 5-amino-1MQ. Les compteurs sont donnés plus haut.
  • Un volume de publications n’est pas une preuve. Le rétatrutide compte 162 publications, le cagrilintide 90, le survodutide 71 — relevé le 09/08/2026. Ces nombres mesurent l’attention portée à une molécule, pas son effet.

Statut en France

Deux de ces molécules sont des médicaments autorisés, et il faut le dire d’abord. Le sémaglutide et le tirzépatide disposent d’une autorisation de mise sur le marché. Leur usage thérapeutique relève d’une prescription médicale et d’un suivi. Leur posologie figure dans leur résumé des caractéristiques du produit, pas sur une page de catalogue.

Le rétatrutide, le survodutide et le cagrilintide sont des molécules expérimentales. Elles n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché. Leurs essais sont en cours ou publiés, et rien de plus.

Les substances de cette page sont proposées ici comme produits destinés à la recherche en laboratoire. Elles ne sont ni des médicaments, ni des compléments alimentaires, ni des dispositifs médicaux. Aucune consommation humaine ou vétérinaire n’est prévue.

Ce site ne publie aucune posologie, aucune indication et aucun conseil d’utilisation. Sur une page qui traite de la perte de poids, cette réserve compte davantage encore : c’est celle que l’on vient chercher avec une intention d’usage, et deux de ces molécules sont des médicaments de prescription.

Où vérifier ce que dit cette page

Voir aussi

Sources

Compteur de littérature

162 publications — requête « "retatrutide"[Title/Abstract] », relevé le 09/08/2026. Un volume de publications n’est pas une preuve d’efficacité.

  1. Triple-hormone-receptor agonist retatrutide for obesity — a phase 2 trial — N Engl J Med (2023)PMID 37366315
  2. Tirzepatide once weekly for the treatment of obesity — N Engl J Med (2022)PMID 35658024
  3. Once-weekly semaglutide in adults with overweight or obesity — N Engl J Med (2021)PMID 33567185
  4. Survodutide once weekly for the treatment of adults with obesity — N Engl J Med (2026)PMID 42253238
  5. Cagrilintide and CagriSema for weight reduction and metabolic risk modification in overweight or obesity: a systematic review and meta-analysis — J Diabetes Metab Disord (2026)PMID 42180166
  6. Efficacy and safety of cagrilintide and CagriSema versus semaglutide as anti-obesity medications: a systematic review — Diabetes Obes Metab (2026)PMID 41834765
  7. Efficacy of GLP-1 analog peptides, semaglutide, tirzepatide, and retatrutide on MC4R deficient obesity and their comparison — Int J Obes (Lond) (2026)PMID 41723268
  8. Obésité : revue des médicaments anti-obésité employés et des nouveaux composés en développement clinique — l’AOD9604 y figure, sans essai pivot ultérieur — Postepy Hig Med Dosw (2007)PMID 17971763
  9. Effect of aerobic and resistance exercise on the mitochondrial peptide MOTS-c — une MESURE du peptide endogène, non une administration — Sci Rep (2021)PMID 34413391
  10. Repeated heat stress modulates the levels of the mitokines MOTS-c and FGF21 in active men — une MESURE du peptide endogène, non une administration — Med Sci Sports Exerc (2025)PMID 40674654
  11. β-amyloid and mitochondrial-derived peptide-c are additive predictors of adverse outcome — une MESURE du peptide endogène, non une administration — J Thromb Thrombolysis (2020)PMID 32052315

Références au catalogue

Des rapports d’analyse sont publiés pour ces lots :

Rédaction Peptides Français — méthode documentaire
Usage des produits

Produits destinés à la recherche en laboratoire uniquement. Usage non humain, non vétérinaire. Ni médicaments, ni compléments alimentaires, ni dispositifs médicaux : aucune page de ce site ne fournit de posologie, d’indication ou de conseil d’utilisation.

Cette fiche documente l’identité d’une molécule et l’état de la littérature — elle ne constitue ni une indication, ni une posologie, ni un conseil d’utilisation.